J'ai toujours vécu avec des chiens, depuis mon enfance jusqu'à aujourd'hui, et je ne conçois pas ma vie sans. Tous les miens viennent de refuge. Acheter en élevage, ce serait aller à l'encontre de mes valeurs. En 2024, mon fils préparait son année en Roumanie. Je me suis intéressée à ce pays par ricochet, sans imaginer ce que j'allais y trouver.
Quand j'ai pris conscience des conditions de vie des chiens là-bas, j'ai pris le temps de regarder quelles associations cherchaient des familles d'accueil. Remember Me m'a semblé sérieuse, et la suite n'a fait que le confirmer. J'avais déjà ce projet en tête depuis un moment : devenir famille d'accueil. J'ai envoyé une demande pour trois loulous. Pas des coups de cœur, plutôt des choix pratiques, même si tous les trois avaient des bouilles adorables. Une bénévole m'a appelée. Nous avons passé une heure et demie au téléphone à parler de tout : l'accueil du chien, l'environnement, la maison, les autres animaux, les membres de la famille. Une autre bénévole m'a rappelée peu après pour me proposer Story. Elle était craintive, mais elle se laissait caresser par Émilie. On m'a très clairement expliqué à quoi m'attendre avec un chien qui n'est pas encore manipulable. Je n'ai aucun regret. Story est arrivée chez nous en janvier, d'abord en famille d'accueil. Très vite, c'est devenu pour toujours. Elle s'appelle Umi maintenant. Quelques mois plus tard, nous avons accueilli et adopté Prosper.
Quand je suis allée voir mon fils en Roumanie, j'avais très envie de découvrir le refuge, de mieux comprendre l'association de l'intérieur. Naïvement, je m'imaginais distribuer des friandises et des caresses. J'ai eu cette chance, oui. Mais ça m'a paru tellement dérisoire en voyant tout ce dont ils ont besoin au quotidien. J'ai d'abord passé quelques jours avec mon fils avant d'arriver au refuge. Le nombre de chiens errants que j'ai croisés rien que dans son petit village, c'était bien pire que ce que j'imaginais.
Mon passage au refuge m'a chamboulée. C'est une chose de voir de jolies photos de chiens à l'adoption ; c'en est une autre d'entrer dans un endroit où 450 chiens attendent leur chance. Certains âgés, qui n'ont connu que la rue et le refuge. D'autres plus jeunes, mais déjà marqués par la peur de l'homme, tellement terrorisés qu'ils se font le plus petit possible au fond des boxes. Pour moi qui n'avais connu que les refuges français, où chaque chien a son espace, où les craintifs sont une minorité, où des bénévoles passent au quotidien apporter des balades et de la douceur, c'était brutal.
Et puis j'ai rencontré Émilie. Elle fait un travail formidable. Ils sont nombreux, mais elle donne tout son temps et toute son énergie pour que la main humaine soit, pour les plus timides, synonyme de douceur. Elle prend aussi du temps avec les plus sociables, ceux qui ont besoin de tendresse, pour garder le lien à l'humain. Et le travail ne manque pas. La voir assise dans le parc des petits, entourée de tous ces loulous qui lui réclament des câlins, ça m'a mis du baume au cœur. Même si la situation est difficile en Roumanie, il y a des gens qui se battent pour que ça change. J'ai aussi rencontré Lucian, le vétérinaire de l'association, qui fait beaucoup pour les chiens du pays. Et il y a Vanessa, Anne-Catherine, Abysse, Laurence, et tant d'autres membres qui œuvrent depuis la France pour que de plus en plus de loulous montent dans le camion qui les mènera à une vie meilleure.
À celles et ceux qui hésitent à s'engager, voici ce que je dirais : tout le monde n'a pas vocation à adopter un chien, et c'est très bien comme ça. Il y a tant d'autres façons d'aider. Un parrainage. Un don. Un partage sur les réseaux sociaux pour donner de la visibilité à ces chiens qui attendent leur chance. Pour ma part, je continuerai à les soutenir comme je peux. Et je compte bien retourner un jour en Roumanie.
