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En Roumanie, des dizaines de milliers de chiens naissent dans un pays qui n’en veut pas. Nous allons les chercher, un par un, depuis 2013. Plus de 6 000 ont déjà trouvé une famille en France, en Belgique et en Suisse.
Septembre 2013, premier voyage en Roumanie. Le récit fondateur de Remember Me France.
L'avion nous attendait sur le tarmac. Nous le regardions, crispées, la boule au ventre. Qu'est-ce qui nous avait pris d'entamer ce long périple en direction de la Roumanie ? Et surtout, qu'est-ce qui nous attendait « de l'autre côté » ? Mais pas question de reculer, car nous savions ce qui nous réunissait : EUX.
Nous atterrissons à Bucarest et, très vite, trop vite, nous croisons leurs regards. Ceux pour qui nous sommes là, ceux pour qui nous nous mobilisons : les « stray », les chiens errants de Roumanie. Nés dans un pays qui ne veut pas d'eux et promis à une mort certaine. Nous nous arrêtons au premier que nous voyons, ralentissons au second, mais très vite, il nous faut nous rendre à l'évidence et comme tous les bénévoles sur place, nous apprenons à détourner le regard, le cœur lourd, car ils sont bien trop, et nous bien trop peu.
Après 7h de route, où nous avons croisé tellement de chiens, morts ou vivants, que nous avons arrêté de les compter, nous atteignons enfin Pascani. Cette ville hante nos nuits depuis des années et en lisant son nom sur les panneaux, nous en croyons à peine nos yeux. Nous retenons notre souffle. Nous nous attendons à l'horreur ; ce que nous découvrons est bien pire. Nous avions imaginé le purgatoire, nous visitons l'enfer.
La fourrière de Pascani, sinistre et isolée, nous glace le sang. Plus de 120 chiens sont parqués dans de minuscules boxes, surpeuplés. Tous couchés, ils recouvrent probablement l'intégralité de la surface qui leur a été allouée. Le vent nous cingle, mais ce n'est pas lui qui est à l'origine des larmes qui coulent sur nos joues. Nous sommes fin septembre, il a gelé dans la nuit, nous tremblons. Au bout d'une heure sur place, nos doigts s'engourdissent, nos lèvres bleuissent. Comment imaginer ce que vivent ces chiens la nuit, ou pire, au cœur de l'hiver, quand la neige couvre les abris et réclame le silence ? Impossible, et pourtant vrai.
Dans un coin, la mort, tapie, attend son heure. Dans un box noir totalement sombre et glacé, recouvert de déjections, plus de 15 chiots nous fixent avec terreur. Ils n'ont que quelques mois, certains sont recroquevillés dans des trous, d'autres pleurent leur désespoir sans fin, d'autres encore hurlent de peur quand on les touche. À côté, une petite mère courage, squelettique, allaite 4 chiots minuscules, qui doivent avoir 2 mois mais n'en paraissent pas plus d'un. Ils étaient 6 au départ. Épuisée, elle mourra dans la nuit.
Après l'effroi vient la prise de conscience. Il y a du sang partout par terre. Un chiot ne mange plus depuis quelques temps, nous le sortons de l'enfer pour tenter de le sauver. Il meurt dans la nuit et le diagnostic tombe : parvovirus. Tous sont porteurs, tous sont condamnés. Le médicament qui pourrait les sauver n'est pas disponible ici, au fin fond de la Roumanie. Nous le commandons mais il n'arrivera que 3 jours plus tard. Bien trop tard pour eux. Un deuxième chiot meurt dans la nuit, un troisième dans nos bras.
Dans nos bras, Remember, magnifique chiot femelle de 4 mois, s'éteint peu à peu. La chaleur que nous nous efforçons de lui transmettre ne parvient plus à l'atteindre. Quelques heures plus tard, elle s'éteint, petite étoile de mer dans un océan de souffrance. Remember deviendra notre étoile et l'emblème de notre association.
Grâce aux formidables bénévoles sur place, Carmina et Lucian, nous parvenons à sauver les autres. Avec eux, nous partageons le pire. Et indubitablement, un lien se crée. Nous lisons dans leurs yeux le reflet de notre propre désespoir face à la situation de la fourrière. Mais aussi l'espoir, ténu mais réel, de parvenir à changer les choses. Ce qu'ils nous disent nous glace le sang : l'hiver arrive et les problèmes avec lui. Ce que nous avons vu n'était pas le « pire ». Nous repartons le cœur lourd, les larmes aux yeux. Nous ne sommes restées que 3 jours, cela nous semblait déjà une année.
À Bucarest, nous visitons d'autres refuges, tous face à des problématiques différentes. Carmina, elle, a préféré un petit refuge, où tous ses chiens sont bien suivis, mais elle ne dispose que de ses propres ressources financières. Elle a dû emprunter pour financer des travaux nécessaires pour améliorer les conditions de vie de ses chiens. Anda et Alina, pour leur part, sont en situation critique : après avoir dû déménager leur refuge quelques mois plus tôt, le nouveau propriétaire du terrain qu'elles louent a décidé de se débarrasser d'elles et de leurs chiens.
Le dernier jour de notre voyage, tous les bénévoles de Bucarest sont réunis pour protester contre le massacre des « stray ». Nous rencontrons ceux qui veulent faire bouger les choses, notamment Stefan Eck, député allemand élu au Parlement Européen, et Rémus Cernea, parlementaire roumain. Nous ne pouvons nous empêcher de prendre le micro et de raconter ce que nous avons vu et vécu. À leur place, trouverions-nous la force et le courage nécessaire ? Et qui leur témoignera du soutien si nous ne le faisons pas ? Comment les abandonner ?
Nous ne savions pas ce que nous étions venues chercher, nous savons ce que nous avons trouvé : la force et le courage de les épauler dans leur combat et de venir en aide aux stray de Roumanie. Et surtout, surtout : plus jamais nous ne voulons oublier.
« Nous serons là, aujourd'hui, demain, toujours. Notre association Remember Me est née, et jamais nous ne les abandonnerons. »
Vanessa, Présidente et fondatrice de Remember Me France
« Nous serons là, aujourd'hui, demain, toujours. Notre association Remember Me est née, et jamais nous ne les abandonnerons. »
Vanessa, Présidente et fondatrice de Remember Me France
Un chien vous attend peut-être
Voir nos loulous →En Roumanie, sous le régime Ceaușescu, les chiens furent interdits en appartement. Des décennies plus tard, 60 000 chiens errent dans les rues de Bucarest seul. Pourchassés, battus, euthanasiés par les autorités.
En octobre 2014, nous avons dit stop. En 2015, nous avons construit Remember Me Land, notre refuge privé à Pascani, dans la région de Iași : 52 boxes, une clinique vétérinaire, une quarantaine, un parc de 2 hectares avec de grands enclos de détente. En décembre 2015, la fourrière publique de Pascani était vide.
Depuis, plus de 6 000 loulous ont été sauvés et rapatriés vers des familles en France, Belgique, Suisse et Luxembourg.
Route Nord
Sarrebourg → Haucourt-Moulaine → Villeneuve → Cesson-Sévigné
Route Sud
Sarrebourg → Haucourt-Moulaine → Villeneuve → Mâcon → Vourles → Robion
2 400km
Distance Pascani → France
48h
Durée d'un convoi
4
Frontières franchies
24/an
Convois par an
En octobre 2014, face à la situation des chiens errants en Roumanie, nous avons dit stop. Remember Me France est née.
Construction de notre refuge privé à Pascani : 52 boxes, une clinique vétérinaire, une quarantaine, un parc de 2 hectares avec de grands enclos de détente. En décembre, la fourrière publique de Pascani est vide.
Ouverture du centre de transit à Valea Seaca, avec boxes individuels pour préparer chaque chien 48h avant le transport.
476 rapatriements en 2025. 390 adoptés en France, 58 en Belgique, 28 en Suisse. 5,7 demandes d'adoption traitées chaque jour.
14 km de Pascani. 52 boxes, clinique vétérinaire, maison des chiots, logement gardiens, parc de 2 hectares. Environ 437 loulous y vivent en permanence.
Valea Seaca, proche de Topilé. Boxes individuels pour préparer chaque chien 48h avant le transport. Clinique partenaire Apistopvet dirigée par le Dr Lucian Radu.
Derrière chaque adoption, il y a des bénévoles. Environ 120 personnes en France, en Belgique et en Suisse donnent de leur temps pour étudier les demandes, organiser les rapatriements, mettre à jour les annonces et suivre chaque loulou jusqu'à sa famille.
Vanessa
Présidente
Émilie
Vice-présidente · éducatrice canine à Pașcani
Anne-Catherine
Trésorière
Tiphaine
Trésorière adjointe
Patricia
Secrétaire · contrats & rapatriements
Camille
Secrétaire adjointe
Victoire
Administratrice · vétérinaire · diffusion des annonces
Gaëlle
Administratrice · ressources humaines
Karine
Administratrice · référente des bénévoles
Patricia
Administratrice · guide de l'adoptant
Morgane
Validation des dossiers d'adoption
Plusieurs d'entre eux se racontent dans nos portraits.
Font tourner le site, son hébergement et sa visibilité.
David · Guillaume · Laurent · Carole · Marie-Noëlle
Racontent le refuge au quotidien.
Andréa · Aelia
Suivent chaque parrain et chaque loulou parrainé.
Nadège · Jennifer
Répondent aux appels, des urgences aux questions de pré-adoption.
Frédérique · Laurence
Coordonnent les appels, organisent les pré-visites partout en France, Belgique et Suisse, et annoncent les validations.
Aurélia · Nathalie · Delphine
Environ 80 familles offrent une étape de convalescence avant l'adoption.
Coordonnées notamment par Katia
Clinique du Dr Lucian
Soigne les loulous du refuge : clinique partenaire Apistopvet, à Pașcani
Bogdan
Transporteur professionnel agréé · rapatriements
Loulous sauvés depuis 2014
Rapatriés en 2025
Stérilisations par an
Cible 700 en 2026 71%
Abonnés réseaux sociaux
Politique de non-euthanasie. Communication sans dramatisation. Aucun loulou n'est laissé de côté : chiots, chiens abandonnés, seniors, chiens aux besoins spécifiques (maladie ou handicap). 76 % de nos chiens viennent de la zone de Pascani.
Association loi 1901 reconnue d'intérêt général · RNA : W841002435
Siège social : 84440 Robion, France
Dons déductibles à 66 % · Reçu fiscal délivré chaque année
Adopter, parrainer, donner, accueillir : il y a forcément une façon pour vous d’entrer dans l’histoire.
Pas prêt à adopter ? Parrainez un loulou du refuge
Pour approfondir